mardi 22 mai 2018

André Brink : Une saison blanche et sèche

Comme souvent c'est après avoir vu le très beau film tiré du roman d'André Brink : Une saison blanche et sèche avec Suzanne Sarandon et une intervention remarquable de Marlon Brando en avocat que j'ai eu envie de lire le roman.Le livre de poche que je viens de recevoir contient une préface rédigée par Ann Wakefield et Gilbert Pestureau qui revient sur l'analyse de ce roman, sur sa place dans la lutte d'un certain nombre d'écrivains contre le régime d'apartheid (Nadine Gordimer, JM Goetze) et les auteurs nous disent qu'André Brink avait une grande admiration pour la vie et l'oeuvre d'Albert Camus et notamment sa vision de l'homme révolté.
Ce roman nous montre d'abord un homme, Ben, vivant une vie de famille tranquille en Afrique du Sud entre son métier de professeur, l'amour de ses enfants, l'amour du travail manuel et sans grande ambition (ce que lui reproche sa femme Susan) et sans ,non plus se préoccuper de la politique de son pays que , dans le fond, il ne voit pas.
Puis des drames vont survenir qui ne le touchent pas directement mais qui frappe un employé noir, un jardinier employé par l'école où il travaille et qui vient de temps en temps faire du jardinage chez lui.
Et donc ce noir, il a appris à le connaître , a connaître son histoire et sa famille et il a de l'estime pour lui. Quand le fils de ce jardinier est d'abord injustement puni et humilié par la justice. Il déconseille au père de faire quoique ce soit. C'est une erreur et elle aura de très grave conséquence car le jeune Jonathan n'a pas supporté cette humiliation et cette injustice et il va se joindre aux jeunes qui, à cette époque (les années 1970) se rebellent contre le pouvoir blanc. Jonathan va donc participer a des manifestations pacifiques mais que la police répriment avec une très grande violence et il finira par être tué, torturé et tué par cette police raciste et aux méthodes criminelles.
Cette police fera tout pour ne pas dire la vérité au père qui l'apprendra à la suite d'une longue recherche pour retrouver le corps de son fils. Ben qui aidait ce jeune a faire des études sera ,évidement bouleversé ,par ce drame et commencera a comprendre la nature du régime politique d'apartheid et de violence.
Et cette violence ne sera pas finie. Le jardinier sera aussi torturé et tué simplement parce qu’il eu la volonté de connaître la vérité et d'obtenir justice! Puis ce pouvoir haineux s'en prendra à la mère qui mourra aussi.
Ben va alors faire sa propre enquête, rechercher les témoins, reconstituer les faits pour qu'ils soient jugés. Il réussira a recueillir toutes les preuves de ces comportements criminels, à les transmettre à quelqu’un de sûr, un écrivain qui pourra en parler. En prenant ainsi le parti de la justice il sera mal vu d'une partie de sa famille, de ses collègues et amis mais rien ne l’arrêtera jusqu'au jour où,lui aussi, sera tué par cette police déshonorée.
En lisant ce roman qui est très prés de ce qui s'est réellement passé on se demande ,une nouvelle fois, comment des comportements aussi "inhumains" sont possibles comme on se le demande, hélas, trop souvent dans les guerres, les génocides, la torture. Comment des hommes en arrivent a ce niveau d'inhumanité? Il n ' ya , hélas, pas de réponses raisonnables.
Il faut lire ce livre magnifique et l'on trouvera ,ici, une analyse littéraire et historique.

                             


jeudi 3 mai 2018

Vitaly Malkin: Illusions dangereuses

Je viens de recevoir le livre de Vitaly Malkin qui a pour titre : Illusions dangereuses mais surtout comme sous titre :"Quand les religions nous privent de bonheur". Ce livre est d'abord un beau livre dans sa présentation et dans les nombreuses illustrations qu'il contient a savoir des reproductions d’œuvres de peintres célèbres. Il est édité par les Editions Hermann .
Le livre est vendu avec un bandeau reproduisant une phrase de l'écrivain Frédéric Beigbeder: "Ce pamphlet ambitieux prolonge la pensée de Voltaire et du marquis de Sade, deux antireligieux célèbres."
Entre le sous-titre et ce bandeau on voit déjà , à peu prés, le but que poursuit l'auteur et ce but est clairement analysé ,par ailleurs dans la Préface de ce livre traduit du russe.
Il écrit dans cette préface: "Ma thèse est simple: les monothéismes conduisent infailliblement à la haine de soi et des autres, que ceux-ci partagent ou non la même foi. Si Dieu aimait vraiment les hommes,il devrait non pas leur interdire le plaisir, mais les aider à en obtenir davantage. Mais Dieu ne les aime pas. Comme le dit Boualem Sansal , "la religion fait peut-être aimer Dieu, mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."
Ce livre a , par ailleurs un mérite. Il n'est pas écrit comme le serait une thèse universitaire et même s'il est très documenté, érudit par moment , son style en est personnel, l'auteur mêlant a sa recherche des analyses et des expériences personnelles comme le point de départ dont il nous dit qu'il a eu lieu, au cours d'un voyage au Maroc , une expérience de mirages dans le désert.
L'auteur nous dit dans sa préface que l'on peut lire son livre sans nécessairement suivre le cheminent du livre mais en passant d'un chapitre à un autre. En ce qui me concerne je me suis efforcé de lire tout à la suite en commençant par le chapitre initial qui est fondamentale puisque l'auteur analyse les rapports de la raison et de la foi qu'il en décrit les évolutions et, en particulier le recul de la raison avec l'apparition des religions monothéistes.qui mettent la "raison en cage".
L'auteur montre aussi et c'est une idée que je partage entièrement que si Dieu était comme on le dit "bon, tout puissant et omniscient" comment alors expliquer l’existence du mal qui est partout dans le monde? et il développe beaucoup, de manière intéressante, la question de l'existence de Dieu face à la Shoah et il mène , ensuite, une longue étude de l'attitude à l’égard de la mort en partant de peuplades primitives et il en est amené a considérer que "Les religions monothéistes dans leur ensemble sont bien plus des religions de la mort que de la vie. Leur but est de transmuer la peur naturelle de la mort en un espoir et un désir d'immortalité dans une vie outre-tombe." (p.146)
Puis l'auteur nous montre l'attrait des religions pour la souffrance et logiquement la condamnation du plaisir et tout particulièrement du plaisir sexuel qui est la bâte noire de toutes les religions monothéistes. Ces chapitres captivants sont , par ailleurs , très bien illustrés avec des oeuvres très belles et très bien reproduites.
Si l'on ajoute que le livre se termine par une bibliographie qui permet au lecteur d'aller aux sources on dira qu'il s'agit à la fois d'un beau livre sur une question essentielle pour l'humanité  et j'en recommande la lecture. le lecteur y apprendra beaucoup et aura l'occasion au fur et à mesure des chapitres de contempler de belles oeuvres d'art.


lundi 2 avril 2018

Romain Gary: La promesse de l'aube

De Romain Gary je n'avais lu que ce qu'il a publié sous le nom d'Emile Ajar et son merveilleux : "La vie devant soi" dont on a tiré un film magnifique dans lequel Simone Signoret est une madame Rosa inoubliable.
Je viens de revenir à Romain Gary fort curieusement grâce à Nicolas Sarkozy qui a dit tout ce qu'il aimait en littérature dans une émission de la chaîne parlementaire :"Livres et vous" et qui a fort bien parler de Romain Gary. J'ai lu aussitôt :La promesse de l'aube et je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette sorte autobiographie, ce récit de sa jeunesse et de ses relations avec sa mère. Ce qui domine , me semble t-il sa façon d'écrire c'est la grande place faite à l'humour. Les événements et les caractères sont peints de manière souvent drôle.
Ce livre nous montre comment une mère peut aider  son fils, lui donner une assurance dans la vie, le protéger et il est vrai qu'elle est une sorte de modèle de la "mère juive". Il ya beaucoup de scènes touchantes , des moments de  difficultés que la mère affronte avec une réelle énergie et du courage et avec toujours cette conviction qu'elle a et qu'elle transmet que son fils fera de grande chose au service le France, qu'il sera "ambassadeur de France, "Grand écrivain"et , de fait , il le sera.  Cette mère étrangère donne a son fils une très belle image de la France et elle ressemble en cela a beaucoup de familles immigrées de toutes nationalité qui s'installant en France, souvent miséreuses, donnent a leur enfants l'amour de leur nouveau pays. Est-ce toujours le cas aujourd'hui? On peut en douter.
Il ya beaucoup de moments émouvants comme ce jour où Romain Gary ayant obtenu le Prix Goncourt,il se rend aux Editions Gallimard et là prend connaissance d'une lettre qui lui a été adressé et dans laquelle est racontée la mort de son père dans un camp de la mort, ce père qu'il n'a pas connu et voici ce qu'il écrit: "Dans sa lettre, sans doute pour me faire plaisir,il m'écrivait que mon père n'était pas arrivé jusqu'à la chambre à gaz et qu'il était tombé raide mort de peur, avant d'entrer.

Je suis resté longuement la lettre à la main; je suis ensuite sorti dans l'escalier de la NRF; je me suis appuyé à la rampe et je suis resté là,je ne sais combien de temps, avec mes vêtements coupés à Londres, mon titre de Chargé d'Affaires de France, ma croix de la Libération, ma rosette de la Légion d'honneur et mon prix Goncourt.
J'ai eu de la chance: Albert Camus est passé à ce moment-là et, voyant bien que j'étais indisposé,il m'a emmené dans son bureau.
L'homme qui est mort ainsi était pour moi un étranger; mais , ce jour-là, il devint mon père a tout jamais." p.122 collection Folio
Il y a, aussi, ce que fait cette mère pendant que son fils fait la guerre. Alors qu'elle est sur le point de mourir et pour que sa disparition ne trouble pas son fils elle met au point un stratagème. Elle écrit plusieurs lettres qu'elle fera poster par une amie a prés sa mort et a intervalles réguliers. Ainsi Romain Gary n'apprendra la mort de sa mère que trois ans et demi après sa disparition.
Il me faudra voir le film pour savoir si il est à la hauteur de ce magnifique livre.
                                      


dimanche 18 mars 2018

Mon nouveau livre: "Le vieux monsieur à Venise"

Les éditions L'Harmattan avaient accepte de publier mon nouveau livre : "Le vieux monsieur à Venise" et a,alors débutée la période de fabrication du livre. Je leur ai  adressé une photographie qui pouvait bien illustrer, selon moi , la couverture. Hors je me suis aperçu que cette maison d'édition avait des pratiques singulières. D'abord le contrat prévoyait qu'elle ne rémunérait qu’après la vente des 500 premiers ouvrages. J'ai accepté cette clause exjorbitante car cette publication n'est pas ,pour moi, une question d'argent. Mais après je me suis vite rendu compte que cet éditeur ne faisait pas son travail d'éditeur et qu'ayant relevé un certain nombre de fautes d’orthographes ou de grammaire il sollicite de l'argent pour les corrections alors que c'est le travail de tout éditeur sérieux et alors surtout qu'il ne paie rien avant les 500 exemplaires. J'ai donc renoncé a ce contrat et j'ai décidé de publier moi-même sur internet.
Le livre porte un sous-titre,un peu énigmatique mais qui dit quel est le projet."Autobiographie sentimentale et romanesque" . Je reproduit ici le texte de la dernière de couverture que j'ai rédigé et qui vous en dira un peu plus (mais pas trop et pas tout) sur ce qu'est ce livre.


"Ce récit, autobiographie sentimentale et romanesque, aurait pu s’intituler, si le titre n’était pas déjà pris : « Une vie », une vie à la fois ordinaire et extraordinaire comme le sont toutes les vies. Il y a là une confession avec ce qu’elles ont quelques fois d’impudique et il en résulte un autoportrait intellectuel et moral d’un homme du siècle, probablement un exemple d’une espèce en voie de disparition, attaché aux livres, à la réflexion et à Venise et, ici, animé par un grand amour et par le souvenir impérieux, à la fois doux et nostalgique, de l’Algérie pays de l’enfance, revu une dernière fois, après une très longue absence, avant la mort.
Ce voyage de retour, sur les lieux de sa jeunesse à Sétif, Constantine et Alger, plus de cinquante ans après avoir quitté le pays et qui, selon l’auteur, « boucle sa vie »  accentue encore chez lui le sentiment du temps qui passe, détruisant tout et  lui donne une plus grande lucidité sur la vie.
Celui qui s’exprime, ici, essaye de donner une cohérence à sa vie, dresse son portrait en écrivant ce qu’il aime et se rend compte qu’il n’y a d’homme et de vie d’homme que par la mémoire. Que serions-nous sans l’armature de notre mémoire ? Rien. C’est elle qui rassemble cet être ondoyant et divers que l’on appelle moi."

Certains y retrouveront (pour un tiers environ) le récit de mon voyage de retour en Algérie en 2015 mais tout le reste est nouveau.
Ce livre est disponible en version papier et en version tablette et smartphone sur Amazon.
Et voici une

vendredi 16 février 2018

Ronald Aronson : Sartre et Camus. Amitié et combat

Ronald Aronson, spécialiste de Sartre outre-atlantique  a consacré en 2004 un important ouvrage aux rapports entre Sartre et Camus. Le livre est paru en France aux Editions Alvik en 2005 et cette somme nous donne à la fois le détail de l'amitié qu'il y eut entre les deux hommes et analyse en détail ce qui les opposait et qui a prie une énorme proportion dans le conteste de guerre froide qui régnait alors sur le monde et qui sommait chacun de prendre parti. Comme il le dit dans son prologue ce climat politique les a obligé, d'une certaine façon, a aller au del94)à même de leur réelles divergences. Sartre n'était pas tout  a fait communiste et Camus n'était pas davantage un supporter du capitalisme mais les nuances de leurs pensées véritables étaient écartées au profit d'un affrontement frontal entre les deux idéologies. Telle est , semble t-il, la thèse de l'auteur.
Il y a d'abord une réelle amitié entre les deux et ce malgré les différences d'origine et de formations gens s'amusent beaucoup dans le Paris de l'époque.  Mais avant même les différences d'idée il y a une différence évidente entre leurs deux façons d'écrire.
L'auteur écrit ceci qui est très juste:  "Bien que les deux écrivains nous aient laissé des ouvrages philosophiques ou romanesques importants et qu'ils aient abordé avec succès des genres littéraires très variés, Sartre est, par tempérament, avant tout un philosophe voué à la théorie et aux idées générales, tandis que Camus est avant tout un romancier, plus à son aise dans la traduction de situations concrètes." ( p.30)
Une différence va aussi apparaître au moment de la guerre. Camus s'engage dans la Résistance alors que Sartre reste un peu en arrière. Il le reconnaîtra d'ailleurs dans un  bel éloge du Camus de cette époque.
"Vous avez vécu un combat austère, sans gloire ou fanfare. Ses dangers n'étaient guère exaltants et pire vous avez pris le risque d'être dégradé et avili. Sartre a reconnu que Camus avait vécu cette histoire plus profondément et entièrement que bon nombre d'entre nous"
Sarre nous dit que Camus est devenu "la conjonction admirable d'une personne, d'une action, et d'une oeuvre."
On voit donc à la fois la réelle amitié ( un vrai coup de foudre selon Simone de Beauvoir) et l'admiration de Sartre pour Camus qu'il place dans la ligné des écrivains engagés (Voltaire-Zola)et dont il fait ,à cette époque le type même de l'écrivain engagé (p.94 ) et cela ne plait guère à Camus qui écrit cette phrase significative:" J'aime mieux les homes engagés que les littératures engagées. Du courage dans la vie et du talent dans ses oeuvres, ce n'est déjà pas si mal. Et puis l'écrivain est engagé quand il le veut. Son mérite c'est son mouvement. Et si ça doit devenir une loi, un métier ou une terreur, où est le mérite justement?" (p.95)
Ce livre contient aussi, évidement, un très long développement à la rupture entre les deux écrivains à la suite de la publication de L'homme révolté et l'on ne peut que prendre plaisir à lire les échanges très vifs mais magnifiquement écrits entre Jeanson, Camus et Sartre.
Le livre se termine sur l'opposition de Sartre et de Camus sur l'Algérie et là, on est bien obligé d'admettre que Sartre a eu raison contre Camus. L'auteur montre bien que si Camus était tout a fait en avance et très lucide dans les années 1938-1940 il ne réussira pas a prendre la réelle mesure de l'action du FLN et continuera de penser que des aménagements certes sérieux auraient pu suffire alors qu'il n'en est rien. .
Au total un livre très dense , très bien documenté et équilibré dans son jugement sur ces deux grands intellectuels.

mercredi 14 février 2018

Alessandro Bresolin: Albert Camus: l'union des différences

Je commence la lecture d'un livre d'Alessandro Bresolin publié aux Editions Fédéralistes et intitulé : "Albert Camus:l'union des différences". J'ai commencé par la préface d’Agnès Spiquel, grande spécialiste de Camus dont je voudrai vous donner un extrait. On sait que Camus aurait souhaité pour l'Algérie une troisième voie et , notamment il a soutenu un projet fédéraliste. Voici ce qu'écrit Agnès Spiquel:
"On sourira et on criera à l'utopie comme, dans les années 1950 ,on a crié à l'aveuglement devant les tentatives courageuses des Libéraux qui, avec Camus, ont tenté de promouvoir une Algérie libérée de la colonisation mais plurielle et conservant un lien avec la France dans le respect et "l'union des différences". La troisième voie, qu'ils ont tenté de frayer entre les solutions de plus en plus extrêmes auxquelles recouraient les nationalistes et les colonialistes, n'était pas celle d'un juste milieu confortable pour la conscience-mais bien un choix résolu pour la liberté et pour la justice.LEUR ÉCHEC HISTORIQUE N’INVALIDE PAS LEURS CONVICTIONS POLITIQUES."
Pour le reste l'ouvrage contient une première partie consacrée à la question algérienne et à la position de Camus dans cette période cruciale qui va des années 30 à la fin de la guerre en 1945. Cette partie est une analyse très complète de la position ,notamment des algériens dont la plupart des partis ne souhaitaient pas , à l'époque, se séparer de la France mais voulaient une égalité de traitement.On suit l'activité importante de Camus à cette époque d'abord dans le cadre de son adhésion au parti communiste puis lorsqu'il en fut exclu. C'est l'époque où il se met au théâtre qu'il pense être un excellent moyen d'éducation populaire. 
Un passage de cet ouvrage est également très intéressant lorsqu'il montre que les partis musulmans en Algérie ne se sont pas laissé prendre par les sirènes du régime de Vichy qui pensait les attirer à lui et a sa politique par son antisémitisme et par l'abolition du décret Cremieux. (p.84 et s) Ces partis furent loyaux à la France et à ses valeurs et cela explique leur profonde déception après la guerre. 
L'auteur s'attache ensuite a montrer l'attachement que Camus avait pour l'Espagne dont il aimait les paysages, le caractère des espagnols qui ressemblait a ce qu'il était et son attitude politique à l'égard de la guerre civile. Il lutta toute sa vie contre le franquisme et eut honte de l'attitude de la France et de l'Europe face à Franco.
J'ai beaucoup apprécié ,aussi, la partie consacrée aux relations de Camus avec l'Italie et, notamment cette analyse de la réception du fascisme si différente dans un pays comme l'Allemagne et en Italie , ce qui confirme à Camus l'idée que dans les pays méditerranéens "la doctrine recule devant le pays" (p.114)
Et enfin l'auteur et c'est l'objet de son étude étudie les conceptions fédéralistes de Camus qui ont échoué, notamment en Algérie, entraînant le pays vers un nationalisme étroit et borné.
Au détour de cette étude on rencontre le poète Jean Senac (si injuste à l'égard de Camus ) et Assia Djebar qui, évoquant son appel pour une trêve civile écrit ceci;" Il est possible que ne se représente personne, dans le sillage de l'émouvant Camus de janvier 1956, qu'on ne trouve personne aujourd'hui, capable de prononcer, au milieu de l’arène, des mots semblables, d'une puissance qu'on espère supporter pour une dernière fois."
Et le livre contient aussi, à la fin, un entretien avec Catherine Camus devenu la gestionnaire de l'oeuvre de son père et qui parle notamment du projet de faire entrer Camus au Panthéon.
Au total un livre plein d'enseignements, riche d'analyse de l'oeuvre et des conceptions politiques de Camus. 

vendredi 2 février 2018

Ma chaîne Youtube

Je signale que je viens de créer une chaîne Youtube sur la quelle je poste des vidéos et qui sont donc accessibles en tapant dans le moteur de recherche de Youtube  jpryf.
Je consacre cette série de vidéos sur Youtube a mes coups de coeur littéraires, é des critiques de livres, à des lectures de textes d'auteurs etc....
Après la présentation de ma chaîne un jeune lycéen a laissé un message et parce que j'avais évoqué Albert Camus m' a écrit : "Tant mieux parce que nous allons l'avoir au programme!" A la suite de ce message j'ai décidé de poster des vidéos sur la biographie et l'oeuvre de Camus et j'ai commencé, ce matin par son enfance et sa formation. Je continuerai pour exposer  toute sa vie et pour , ensuite parler des oeuvres.
Ainsi avec ma page Facebook  Les amis d'Albert Camus et ces vidéos sur Youtube je vais faire oeuvre pédagogique et inciter les jeunes et les moins jeunes à lire cet auteur déjà très connu.