dimanche 21 mai 2017

Un été avec Machiavel

Je connaissais déjà dans cette collection :un été avec Proust et un été avec Baudelaire. Ce nouveau titre :un été avec Machiavel sous la plume de Patrick Boucheron aux Editions des Equateurs   se lit, comme les deux autres agréablement et il nous permet de mieux connaître la pensée de Nicolas Machiavel qui a été bien souvent caricaturée.
L'auteur nous rappelle opportunément les définitions que donnait Flaubert dans son "Dictionnaire des idées reçues" de Machiavel et du machiavélisme.
"Machiavélisme mot que l'on ne doit prononcer qu'en frémissant"
"Machiavel . Ne pas l'avoir lu mais le regarder comme un scélérat."
Traîtrise, duplicité ce sont les mots qui reviennent mais l'auteur nous montre que dans le fond ce procès depuis toujours tient au fait que l'on ne sait pas comment le lire.
"Pour qui écrit Machiavel ?Pour les princes ou pour ceux qui veulent leur résister? (p.54)
Le livre le plus connu de Machiavel :"Le Prince" ( On apprend en lisant ce livre qu'il a écrit beaucoup d'autres choses: des lettres, des pièces de théâtre, des poèmes) s' intitulait en réalité :"Des principautés" et il est souvent perçu comme un mode d'emploi pour conquérir et garder le pouvoir.
Il y a tout un chapitre, très intéressant dont le titre dit tout "Le mal en politique" (p.61) et pose la question le Prince doit il être bon ou méchant, doit il être craint ou aimer? Vaste débat!
En tous cas ce petit livre fait justice de la maxime que l'on a souvent et à tort attribué a Machiavel:"La fin justifie les moyens"
"Machiavel ne l'a jamais écrite, mais IL N'AURAIT JAMAIS PU L'ECRIRE. Sa philosophie de la nécessité repose sur le principe de l'indécision des temps et de l'imprévisibilité de l'action politique:on ne saurait justifier la fin par les moyens puisque, au moment où l'on agit, la fin nous est inconnue;elle arrivera toujours trop tard pour justifier les moyens de l'action." (p.107)
J'ai aussi apprécié cette partie du livre où est évoquée une période qu'a connu Machiavel celle de Savonarole (chapitre 6) qui n'est pas sans évoquer fortement la question des islamistes de notre temps.
Enfin l'auteur termine en rappelant comment Machiavel a inspiré de nombreux penseurs politiques dans les siècles qui ont suivi sa mort en 1527.
Au total un livre qui est une nécessité pour tous ceux qui ne veulent pas demeurer dans une vision tronquée et erronée de Machiavel et du machiavélisme.

vendredi 19 mai 2017

La guerre et la paix: Abdelkader et la France

Ahmed Bouyerdene , universitaire connu et spécialiste de l’Émir Abdel Kader après avoir publié en 2008 Abdel Kader;l'harmonie des contraires nous donne aux Editions Vendémiaire un nouvel ouvrage sur les relations d'Abdel Kader avec la France. C'est d'abord un ouvrage très documenté et il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir en fin d'ouvrage la bibliographie et les références aux documents d'archives.
Mais cette rigueur scientifique s'accompagne d'un style agréable et le tout est parfaitement lisible, accessible et évocateur. En un mot ce n'est pas un livre qui n'est destiné qu'aux historiens mais qui s'adresse a tous.
Je l'ai lu avec  beaucoup d'intérêt et bien que connaissant assez bien la vie de l’Émir pour avoir donné des conférences j'ai encore appris.
L'ouvrage comprend deux parties. dans la première l'auteur revient en détail sur la lutte qui a opposé l’Émir Abdel Kader à l'armée coloniale de la France en Algérie. Dans cette partie est mis en évidence sa grande capacité militaire mais aussi,les nombreux crimes de l'armée coloniale et la valse hésitation du pouvoir politique concernant l'Algérie. A l'heure ou un candidat à la Présidence de la République, devenu Président a évoqué les crimes contre l'humanité commis en Algérie les lecteurs se rendront compte que si l'on peut discuter la notion de crime contre l'humanité de nombreux et très graves crimes de guerre ont indiscutablement été commis. Les français seraient bien avisés de lire cette partie pour connaître la réalité et éviter de de se voiler la face.
Cette partie se termine par la reddition de l’Émir, victime à la fois des forces françaises mais aussi et surtout du manque de soutient (c'est un euphémisme) du Maroc voisin et d'un certain nombre de tribus. A l'occasion de cette reddition une promesse , qui fut la condition de cette reddition, fut faite de manière claire et nette a l’Émir par le Général Lamoricière et par le fils du Roi de France, celle de lui permettre une installation de lui-me^me et de sa famille à Alexandrie pour ensuite s'installer à la Mecque.
Or cette promesse ne fut pas tenu par le gouvernement français qui, se déshonorant, fit emprisonner l’Émir en violant la promesse faîte.
La deuxième partie de l'ouvrage , très intéressante nous montre les conditions de captivité de l’Émir à Toulon puis à Pau et enfin a Ambroise
Est également rapportée de manière très précise l'ensemble des débats politiques qui, tout au long de cette période d’emprisonnement n'ont cessé de se tenir autour de la question de la libération de ce prisonnier.L'auteur étudie aussi l'action de diverses personnalités qui, outrées par la violation de la promesse faite, ont œuvré pour parvenir à la libération de ce détenu.
C'est finalement Napoléon III qui fit liberer l’Émir dont le sort évoquait, pour lui l'emprisonnement de son oncle Napoléon a Sainte Hélène et sa propre détention.
Le livre se termine par l'attitude de l’Émir qui, magnanime, pardonna le parure et eut un comportement irréprochable à l'égard de la France  et on rappellera ,pour mémoire, l'attitude de l’Émir en Syrie qui réussit a sauver de très nombreux chrétiens ce qui lui valut des distinctions dans le monde entier et notamment du Pape.
Il faut absolument lire ce livre qui fera mieux connaître cette partie de l'histoire de France et qui vous fera connaître un personnage très particulier qui disait lui-m^me qu'avant d'être chef de guerre il était avant tout un religieux et un penseur. J'ajoute qu'à l'heure de l’islamisme politique  et de ces ravages la connaissance des idées de l’Émir serait très utile au oint qu'il serait intéréssant de l'enseigner dans les écoles.

mercredi 3 mai 2017

Les écrivains et le fait divers

Minh Tran Huy vient de publier aux éditions Flammarion un essai :"Les écrivains et le fait divers. Une autre histoire de la littérature. Je ne pouvais pas passer a côté de ce livre qui fait écho à celui que j'ai moi-même publié en 2004 aux Editions Atlantica: "Justice et littérature" et dans lequel j'examinai le rapport  que les écrivains ont entretenu depuis toujours avec les affaires judiciaires. Mon plan consistait a examiner dans une première partie comment la Justice pouvait être amené a juger les écrivains et dans l'autre comment les écrivains , de leur côté, avaient depuis toujours utilisé les affaires judiciaires comme source d'inspiration.
Dans le présent livre le propos est plus large puisqu'il est question du fait divers q'il fasse ou non l'objet d'une procédure judiciaire. Les développements sur la façon dont les faits divers depuis très longtemps ont passionné et le public et les écrivains est très fournies et très intéressantes.Elle analyse la manière dont le journalisme a utilisé ces faits divers pour faire du sensationnel et vendre mais aussi comment les écrivains ont tenté ,avec plus ou moins de succès, d'expliquer le fond de ces faits en les analysant sous l'angle économique et social. On retiendra notamment les tentatives d'explication par la lutte des classes du crime des soeurs Papin qui tuèrent sauvagement leur employeur. Affaire qui donna également naissance à la pièce de Jean Genet "Les bonnes".
On relira avec consternation les élucubrations de Marguerite Duras sur le crime du petit Villemin ou elle accusa sans aucune preuve la mère de l'enfant! "Sublime, forcement sublime!
Dans un chapitre, en réalité à mon sens le plus faible de cet essai et intitulé: "La Cour d'Assises comme laboratoire"l'auteur analyse le travail d'André Gide "Souvenirs de la Cour d'Assises" et le roman de Camus, l'Etranger avec sa vision de la Justice et de la peine de mort. On y apprend rien de nouveau.
L'auteur monte aussi comment les écrivains se documentent, examinent les pièces du dossier judiciaire pour ensuite écrire leur roman. J'a pratiqué exactement de la même façon lorsque j'ai écrit : "Retour au pays" publié en 2004 chez Atlantica. Un fait divers rapporté par le journal Libération avait attiré mon attention: un tunisien avait usurpé un nom de français pour demeurer en France, pris par la police il avait été jugé, condamné et s'était suicidé en prison. J'avais été consulté le dossier au palais de Justice de Montpellier.

samedi 29 avril 2017

Une honte! Et une défaite de la pensée

Que des citoyens votent pour le FN je n'ai rien a dire. C'est leur choix. Je le crois très mauvais et pour les libertés et pour l'économie mais encore une fois c'est leur liberté et malheureusement la démocratie permet cela.Sur les dangers il n y a pas a remonter aux élections qui ont porté les adorateurs d’Hitler au pouvoir ( et on a vu ce qu'il a fait une fois élu!) puisqu'il ya à peine  quelques semaines les turcs ont démocratiquement mis fin à la démocratie!
Les pays ont les majorités et les hommes politiques qu'ils méritent.
Par contre ce que je trouve scandaleux, choquant, honteux, inacceptable c'est que le FN et quelques uns qui s y rallient se déclarent pro-européen et gaulliste! On touche ,ici, le fond de la démagogie la plus odieuse et qui devrait interpeller les partisans de la droite extrême.
Se dire européenne comme Marine Le Pen a l'audace de le prétende meeting après meeting alors que toute sa propagande politique est en réalité une attaque délibérée, forte, permanente contre l’Europe qui serait , selon elle, la responsable de tous nos maux est une tromperie grossière et je ne comprends pas que certains s'y laissent prendre.
Maintenant se prétendre gaulliste et faire admettre cette idée à une Marie France Garraud et à un Dupont-Aignan me laisse perplexe.
Voilà un parti dont l'histoire s'est clairement déterminée sur les anciens collaborateurs, les anciens admirateurs de Pétain, dont le dirigeant et , encore récemment, ont tenus des propos révisionnistes, qui n'ont pas hésité à utiliser les bases de la propagande anti-juif contre Macron banquier au cigare et au nez crochu, qui en 1960 était le réceptacle des OAS et de tous les nostalgiques de l’Algérie française, dont le Président a torturé en Algérie, qui, enfin a fait de la xénophobie ,de la haine de l'étranger sa base politique et on voudrait  nous dire qu'il est compatible avec le Gaullisme!
Le ralliement de certains gaullistes, les "pudeurs de gazelle" de certains électeurs et dirigeants de la campagne de Fillon sont un naufrage de la pensée et comme l'a dit avec clarté Bayrou mais aussi Juppe et beaucoup d'autres une honte.Le ralliement de Dupont-Aignan est une défaite de la pensée et il suffit de reprendre ce qu'il disait ,il y a encore qelques mois, du FN  pour s'en rendre compte

vendredi 28 avril 2017

Enfance, dernier chapitre de René de Ceccaty

Je lis en ce moment le livre que René de Ceccaty a consacré a son enfance: "Enfance, dernier chapitre" (Gallimard 2017). Il est en train d'accompagner sa mère qui perd sa mémoire et qui , dans sa maison de retraite s'en va petit a petit vers la mort et il croise les sentiments qui l'étreignent avec le surgissements de ses souvenirs, éclatés, partiels, quelques fois vifs, quelques fois vagues de son enfance commencée en Tunisie et poursuivi du côté de Montpellier.
J'ai trouvé dans ce livre beaucoup de ce que j'ai ressenti en retournant,il n y a guère, en Algérie pays de mon enfance. Il montre bien comment la visite, à nouveau, des lieux de l'enfance transforme et pollue le souvenir que l'on en avait. Il montre bien aussi comment les souvenirs sont très personnels et dans son cas il nous dit qu'il n'a pas le même ressenti de ce passé que son frère Jean de quelques années plus âgé.
Par petites touches nous voyons resurgir son passé lointain et en quoi il a eu des conséquences sur ce qu'il a été dans la vie.Il écrit d'ailleurs que c'est d'une certaine façon  une réflexion sur la naissance d'un écrivain, de la nécessité d'écrire.
Il y a donc des souvenirs d'enfance mais l'essentiel ,me semble t il, est une réflexion sur la façon dont se forme les souvenirs et sur la manière dont ils reviennent à l'esprit.C'est aussi une étude sur la façon dont se forme dés l'enfance la sensibilité d'un homme.
J'en ai profité pour mieux connaître cet écrivain traducteur d'italien (admirateur de Pasolini) et de Japonais. le Japon où il a vécu plusieurs années.
J'ai aussi écouté émission de radio intéressante qu'il a consacré à Jean Senac, le poète assassiné en Algérie. Pasolini et Senac qu'il évoque dans ces pages. Et puis le livre se termine par une évocation émouvante de la mort de sa mère.

lundi 24 avril 2017

Victoire de Macron

Emmanuel Macron est donc arrivé en tête et il est très probable qu'il sera le prochain Président de la République. En ce qui me concerne je m'en réjouis car avec cette élection c'est une clarification sans précédent du paysage politique français qui était devenu, au fil des années complètement incompréhensible et donc dangereux.
En ce qui concerne la parti socialiste il fallait être aveugle pour ne pas constater qu'il s'agissait d'un parti fourre tout et qui depuis François Mitterrand et son congrès d'Epinay essayait avec plus ou moins de succès d'unir des positions en réalité incompatibles.
Ma thèse en ce qui concerne le parti socialiste était qu'il avait atteint en grande partie ses objectifs fondamentaux et qu'il lui était difficile sauf a être dans la posture de proposer des choses très nouvelles. On pourra lire sur ce point mon analyse.
Le quinquennat de François Hollande a fait éclater cette prétendue unité des gauches en mettant clairement la focale sur d'une part une gauche réformiste,admettant comme absolument inévitable la liberté en économie , voulant simplement permettre de la redistribution de la richesse créée et ouverte sur le plan des questions sociétales et , d'autre part, une gauche "révolutionnaire" refusant dans le fond la liberté économique pour prétendre à une sorte d'économie dirigée ou , en tous cas, tellement contrainte qu'elle serait vouée à l'impuissance.
Ces deux gauches ne pouvaient ,sauf hypocrisie totale demeurer plus longtemps unies.
Dés lors les frondeurs, les écolos gauchistes ne pouvaient demeurer lier a des gens qui acceptaient le libéralisme.
L'apport considérable de Macron c'est d'avoir en quittant les appareils mis un terme  a ces "unions de la gauche"  a ces "gauches plurielles" qui étaient des tromperies et qui ont entraînées, années après années des déceptions grandissantes.
Mon reproche a Hollande et à Vals c'est qu'ils n'ont pas eu le courage de porter le fer et de dire clairement les choses en laissant entendre que l'on pouvait encore "unir" les gauches. Voilà ou cela les a mené.
Quant à la droite elle a aussi volé en éclat entre une droite dure pas très éloignée en réalité du Front National et une droite soucieuse de justice et d'ouverture.
Dés lors tout sera désormais beaucoup plus clair:
-D'un côté tout ceux a droite et à gauche qui acceptent le libéralisme en matière économique  seul système capable de vraiment créer de la richesse mais qui veulent aussi un pouvoir juste et une redistribution des fruits de la richesse créée.
-De l'autre a droite les extrêmes qui certes veulent du libéralisme économique mais sans régulation et sans justice et qui  sur le plan sociétal sont dans la régression, dans le soutient des veilles valeurs dépassées qui sont pour une identité étriquée et fantasmée.
-Enfin la gauche extrême qui lutte contre le libéralisme et qui voudrait instaurer une économie régentée, c'est à dire une économie qui n'a jamais dans l'histoire réussi et qui a vite vu venir les dictatures et la pauvreté.
Je pense donc que ces nouveaux clivages vont avoir une longue vie et une grande efficacité et ce ne sera pas le moindre mérite d'Emmanuel Macron.

samedi 22 avril 2017

Alain Moreau

Texte prononcé après la messe lors des obsèques de mon ami Alain à l'Eglise Sainte Bernadette le 25 avril 2017




Nous sommes réunis pour adresser un adieu à Alain.

Je n'ai pas de qualité particulière pour vous parler d'Alain. D'autres auraient sans doute mieux retracer son parcours professionnel. Ma seule qualité est une amitié solide et ancienne.

Alain que nous entourons en ce triste jour est, en effet, mon ami le plus ancien à Pau. Je l'ai connu en 1962 lors de la rentrée universitaire dans cette villa Lawrence qui servait  d'Institut d'Etudes Juridiques.
Il y commençait ses études de droit et moi aussi.
J'arrivai directement de mon Algérie natal et je ne connaissais strictement personne à Pau. Les bancs de l'Institut nous ont réuni et je ne l'ai plus jamais perdu de vue.
 A l'époque nous avions cours toute la journée,les professeurs venant de Bordeaux et je garde le souvenir de ces moments entre deux cours ou nous nous promenions en discutant dans le magnifique Parc Lawrence. Heureux temps!
Je souviens qu'il s'est marié très jeune avec Pascale alors qu'il était encore étudiant et Pascale et lui  m'ont si souvent accueilli ,à l'époque, chez eux dans l'intimité de leur jeune foyer.

J'ai toujours gardé de très bonnes relations avec Alain tout au long de ces longues années, prés de 60 ans  et ce n'est pas très étonnant car nos caractère se ressemblait. Alain était sérieux et très réservé, sans doute même plus que moi mais il n'était jamais dans la superficialité et quand il faisait quelque chose il le faisait avec sérieux et application.
Juriste il a eu une belle carrière au sein de ce qui était à l'époque la SNPA et je me souviens qu' à ces débuts il a été amené a voyager beaucoup et fort loin pour négocier et rédiger les contrats pétroliers que ce grand groupe négociait dans de nombreux pays.
Je dois dire qu' à l'époque cela me faisait rêver, moi qui aime beaucoup les voyages et qui, en tant qu'avocat, était astreint a demeurer à Pau.
Avocat j'ai eu quelques fois a travailler avec lui et son service et j'ai toujours apprécié sa méticulosité, sa rigueur intellectuelle qui ne laissait rien au hasard et à l'improvisation.
C'est ce sens de la rigueur intellectuelle qui faisait que souvent, au cours de nos conversations, 'il était  assez dur pour les politiques de tout bord et disons, leur souplesse, pour ne pas être désobligeant!
J'avais de mon côté un peu plus d'indulgence et un peu plus d’intérêt pour la politique et c'était un objet de discussion entre nous.

Je suis d'origine et de culture protestante mais je dois dire qu'Alain aurait pu très bien pu faire partie de la confrérie et être protestant car il en avait l'austérité et la rigueur. Voilà encore ce qui nous rapprochait.Et je crois qu' à heure de œcuménisme je peux prononcer ce genre de propos ,ici, dans une Eglise et je suis sûr qu'Alain n'en aurait pas été choqué!
Il aimait les belles voitures et surtout la voile et c'est vrai que c'est un loisir qui correspondait bien a son caractère: la solitude face à l'immensité de l'océan,l'affrontement avec le vent et la mer,la contemplation de la beauté de la nature. Et c'est cet amour de l'océan qui l'a conduit a résider beaucoup dans les Landes ces dernières années ou il se trouvait heureux au milieu de cette belle nature.

Son caractère précis et persévérant l'avait aussi entraîné vers la généalogie et il  avait réussi a reconstituer une grande partie de son arbre généalogique. Comme on le voit Alain était un esprit ouvert.
Alain a eu la chance d'avoir une vie familiale harmonieuse avec une femme Pascale, ma chère amie,qui par son ouverture aux autres,sa curiosité,son amour de la discussion compensait un peu le côté un peu sauvage d'Alain.
Elle était le ministre des relations étrangères du couple!

Il a été un très jeune papa et Jean Alain lui a donné deux petites filles qui étaient sa fierté et son plaisir et a qui, après sa retraite , il a pu consacré du temps.J'ai la conviction que l'essentiel de l'éducation est dans l'exemple et il a été pour ces deux petites filles , j'en suis sûr, un très bel exemple de droiture et de travail.
C'est quand le grand départ survient que l'on se met à regretter et mon regret est de ne pas avoir assez profité de cette amitié, d'avoir laissé la vie nous éloigner.

La vie avec son côté trépidant, le travail, les loisirs, les obligations familiales font que nous ne nous voyons nos amis que  trop peu et après c'est le regret même si dans mon cas notre relation a été espacée mais toujours fidèle et chaleureuse.Nous n'avions dans le fond pas besoin de mots et nous pensions l'un a l'autre.
Parce que c'était lui parce que c'était moi !

Face au deuil, à la tristesse je songe souvent à cette phrase que Jean Louis Trintignant a prononcé, bouleversé, aux obsèques de sa fille et que je reprends a mon compte car je la crois très vrai:

"Ne pleurez pas. Réjouissez vous de l'avoir connu"

En ce qui me concerne je ne peux m'empêcher de pleurer Alain, cet ami qui reste associé pour moi et à jamais à mon arrivée à Pau, qui a été d'une certaine façon avec Mimi et Janine Cazendres avec Annie l'image de la France et de son accueil mais en le pleurant aujourd'hui je me réjouis de l'avoir connu, d'avoir pu profiter de son amicale fidélité et ,pour tout dire avec lui me quitte une partie heureuse de ma jeunesse.
Et maintenant quelque soit la vérité.
Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n'y croyait pas.
Alain a trouvé la paix et il nous laisse dans le désarroi. Le jour viendra où nous pourrons tranquillement ,dans l'apaisement, penser a cette partie de nous qu'il a emporté avec lui.
Et enfin comme nous le dit Paul Eluard :

                                       
J'adresse à Pascale son épouse,mon amie, à Jean Alain son fils a ses petites filles et a toute sa famille l'expression de ma sympathie dans cette épreuve douloureuse et venue trop tôt.

Voici un texte et un dessin que la filleule d'Alain a fait en cette triste occasion





lundi 17 avril 2017

Guy Ebrard


J'apprends à l'instant le le décés de Guy Ebard et je veux lui rendre hommage. 

J'ai eu la chance de faire sa connaissance il y a une dizaine d'années. Il a eu à mon égard, des gestes d'amitié nombreux et sincères. C'est lui qui a présenté en 1999 mon premier livre : "Algérie, Algérie. Que me veux tu ?" et il l'a fait (je conserve son discours) avec chaleur et sensibilité. C'est lui qui en 2000 m'a remis les insignes de Chevalier de la légion d'Honneur avec là encore un discours chaleureux. Il est vrai qu'il était un  très bon orateur, toujours agréable à entendre et dont les discours étaient toujours nourris d'une grande culture et d'une grande philosophie de la vie. 
Depuis je lui adressai tout ce que j'écrivais car son avis comptait pour moi.

Médecin de formation (il avait suivi un cursus de dermatologie à l'Hôpital Saint Louis prés de chez moi à Paris). Il avait ensuite fait de la politique et avait été très jeune à la Commission des Finances. Député-Maire d'Oloron Sainte Marie pendant plusieurs années, il s'était ensuite détaché de la politique pour se consacrer à ses importantes affaires dans le Thermalisme. 
Ce retrait de la politique m'a toujours posé question car il avait l'envergure, le talent et l'énergie pour devenir un important homme politique. Mon explication est qu'il était beaucoup trop honnête intellectuellement pour se prêter aux contorsions nécessaires dans l'activité politique. Guy Ebrard ne savait pas manier la langue de bois, ne savait probablement pas se livrer aux tromperies quelques fois nécessaires pour parvenir à un but .

J'aimai aussi son positionnement politique. Je ne crois pas me tromper en disant qu'il était favorable, lui le grand entrepreneur, à la liberté économique mais qu'il était aussi très sensible à la justice sociale. Tous les hommes politiques de la région le considéraient comme un sage dont ils appréciaient les avis. André Labarrére qui fut un grand maire de Pau, ne dédaignait pas ses avis.

Guy Ebrard connut une réussite éclatante dans ses affaires dans le domaine du Thermalisme où il était une autorité reconnue. Plusieurs gouvernements lui demandèrent des rapports sur le développement du Thermalisme. Il fut Président de la Fédération internationale du Thermalisme.

Connaissant mon amour de la Tunisie, il me raconta plusieurs fois et c'était chaque fois un régal de l'entendre, sa réception par le Président Bourguiba lors d'un Congrès de sa Fédération en Tunisie.

J'ai souvent regretté de ne l'avoir connu que tard; et par des pudeurs, de ne pas l'avoir davantage fréquenté. Il me reste quelques discours qu'il fut amené à présenter à l'Académie de Béarn dont il fut Président et qui sont toujours des morceaux d'esprit, d'humour et de sagesse bienveillante.

Il connut dans les années récentes un grand malheur en perdant un des ses fils Francis Ebrard et je ne peux qu'exprimer à toute sa famille l'expression de mes sentiments très attristés.












mardi 11 avril 2017

Les filles du calvaire de Pierre Combescot

Je relis ce roman , déjà lu lors de sa parution en 1991 et le plaisir est toujours intact. D'abord parce que c'est une histoire foisonnante qui nous conduit d'un quartier de Paris que je connais bien  autour du Cirque d'Hiver à quelques lieux de Tunisie que je connais aussi parfaitement:La Goulette, Carthage, Le Kram , la Petite Sicile.....
Pierre Combescot fait revivre un monde disparu tant dans ce quartier de Paris qu'en Tunisie, un monde haut en couleur,un monde de marginaux avec leurs codes et surtout leur langage. Car ce qui fait le miel de ce roman c'est le style, c'est la façon dont l'auteur fait parler ses personnages dans un argot riche et imagé.
L'histoire est souvent cruelle mais on rit du début à la fin même si on sent bien qu'il y a dans ce temps qui passe une forme de tristesse profonde.L'histoire court sur la période qui va d'avant guerre, à l'occupation puis à la Liberation et l'on suit sur cette période les tribulations marginales de la fille d'Emma , une  juive haute en couleur, belle et qui a été considérée par sa mére comme une enfnat du diable!
Il y a une évocation haute en couleur des juifs de la Goulette et d'un milieu interlope, marginal, avec ses habitudes et son langage, un rappel de la période de l'occupation avec ses collaborateurs qui profitent des temps troublés
C'est un monde spécial mais ce qui rend le roman très agréable à lire c'est évidement le style fait de l'utilisation de l'argot de ces milieux.
J'ai lu,plus tard les "Petites Mazarines" du même Pierre Combescot et là encore l’histoire,la petite, était revisitée  avec un grand bonheur et toujours ce style éloigné du classique tout en étant parfait.

dimanche 2 avril 2017

Pièces détachées de Colette Fellous

Colette Fellous est un écrivain, producteur à la radio qui est né et a vécu en Tunisie jusqu'à ses 17 ans et qui y passe encore du temps dans sa maison de Sidi-Bou Saïd. Voilà qu'un jour, sur sa terrasse qui donne sur la baie de Tunis et sur le Boukornine, cette petite montagne tant peinte par les artistes tunisiens et qui est pour la Tunisie ce qu'est le Chenoua pour Camus et Tipaza, elle apprend par un coup de téléphone la mort de son ami Alain Nadaud, écrivain, sur son bateau, d'une crise cardiaque prés d'une île grecque. (Alain Nadaud dont j'ai aimé le livre: "Dieu est une fiction" dont j'ai parlé ici C'est aussi l'époque des attentats meurtriers en France , au musée du Bardo et sur la plage de Sousse.
Voilà que tout a coup son monde est ébranlé,bouleversé et elle se met a songer à sa vie, a ses parents, aux amis et à cette vie dans la Tunisie paisible d'autrefois. Des souvenirs remontent en pièces détachées, en fragments dans cette maison qu'elle songe à quitter.
Il y a de belles pages sur son père,sur sa mère bi-polaire, sur de nombreuses femmes rencontrées, sur des visages tels celui de cette petite fille dans la ville cimetière du Caire et dont les destins lui reviennent en mémoire.
Et il y a pardessus tout, une évocation, dans un style superbe avec une émotion poignante qui court sur les lignes, de la Tunisie d'autrefois et d'aujourd'hui, sur le départ des européens qui fut un drame même si son père n'en parlai jamais. "Face à cette mer qui a été la sienne, j'écris mon adieu au pays, et cet adieu je le lui offre,pour tenir ma promesse. Je l'offre aussi à tous ceux qui, comme lui, se sont tus, croyant protéger leurs enfants. Tous ceux qui ont caché en eux-même leur souffrance, qui ont fait comme si ce n'était rien de partir et de laisser ce qu'on avait construit lentement, de génération en génération."
Elle a été la seule de la famille a revenir s'installer  dans ce pays et elle dit magnifiquement pourquoi en évoquant sa vie à Sidi Bou Said et sa maison devant la mer.
Toute cette partie ne pouvait qu'éveiller des échos en moi en remplaçant la Tunisie par l'Algérie.
Et le livre se termine avec son départ qu'elle pense définitif mais elle rajoute cependant et ce sont les derniers mots du livre: "On y reviens toujours""Je savais que je ne pourrais pas, c'était plus fort que moi, j'y reviendrais toujours."
Enfin il y a dans ce livre sa crainte devant l'évolution de la Tunisie, une crainte partagée par tant et tant d'amoureux de,ce pays.

vendredi 31 mars 2017

L'affaire Arnolfini

Une amie m'a offert le livre (roman d'investigation) de Jean Philippe Postel :"L'affaire Arnolfini paru aux éditions Actes Sud en janvier avec une préface de Daniel Penac. Je dois dire que j'ai lu ce livre d'une traite dans le train qui me ramenait de Paris et je n'ai pu le lâcher qu'arrivée à la fin.Il est tout simplement passionnant!
De quoi s'agit il? L'auteur nous raconte un tableau célèbre de Van Eyck connu sous le nom "Les époux Arnolfini" et qui se trouve à la National Gallery de Londres. Le tableau est beau mais tout un livre sur un tableau me direz vous?

                                                     Les Époux Arnolfini
Et bien oui car ce tableau a une histoire et il a connu divers propriétaires mais surtout il a conduit de nombreux critiques a se demander ce que disait ce tableau, ce qu'il montrait et ce qu'il cachait.
Le livre est donc une enquête "policière" menée à partir de l'examen du tableau et c'est très étonnant.
En ce qui me concerne j'aurai pu passer des heures devant cette toile et je n'y aurai vu qu'un couple un peu distant mais qui ne m'aurait pas étonné outre mesure sachant que c'était des gens du nord!
Or s'il y a bien un couple c'est un couple bien particulier qui nous est montré par l'auteur. Je ne peux pas en dire plus car tout le mérite de ce livre est de nous faire découvrir petit à petit une vérité étonnante et la révéler enlèverait beaucoup de plaisir a ceux que mon billet incitera à lire cet ouvrage.
Je peux dire cependant que l'on en apprend beaucoup sur les conceptions qu'avaient a cette époque les contemporains de l'enfer et du purgatoire et nous ne pouvons que rire aujourd'hui de ces analyses sur le sort des âmes défuntes et en lisant , par exemple,un canon prononcé lors du Concile de Florence en 1439
Ne riez pas! Voici ce que nous dit ce Canon ecclésiastique:
"Nous déclarons que les âmes des véritables pénitents,morts dans la charité de Dieu avant que d'avoir fait de dignes fruits de pénitence pour expier leurs péchés de commission ou d'omission, sont purifiés après leurs morts par les peines du Purgatoire, et qu'elles sont soulagées de ces peines par les suffrages des fidèles vivants, comme sont le sacrifice de la messe, les prières, les aumônes et les autres oeuvres de piété que les fidèles font pour les autres fidèles suivant les règles de l'Eglise, et que les âmes de ceux qui n'ont point péché, depuis leur baptême ou celles de  ceux qui,étant tombés dans les péchés, en ont été purifiés dans leurs corps, après en être sorties comme nous venons de dire, entrent aussitôt dans le Ciel et voient purement la Trinité, les uns plus parfaitement que les autres selon la différence de leurs mérites; enfin que les âmes de ceux qui sont morts, actuel ,u dans le seul péché originel, descendent en enfer pour y être toutes punies, quoi qu’inégalement."
Qu'elle imagination!
Et bien pour revenir au tableau et au livre toutes ces balivernes ont inspirées le peintre et l'auteur nous le dévoile à partir de l'analyse de détails que vous n'auriez pas vu même en regardant attentivement le tableau ou qu'en tous cas vous n'auriez pas compris.
Lecture jubilatoire même si certains doutent de la vérité de ce que nous révèle l'auteur, mais aprés tout qu'elle importance puisque le récit nous apprend a mieux voir une telle oeuvre.


dimanche 26 mars 2017

Petit séjour Parisien

Départ vendredi en fin d’après midi pour  quelques jours à Paris à l'occasion de mon anniversaire. Pour une fois depuis de nombreuses années nous avons pris le TGV et c'est bien agréable: cinq heures qui passent vite entre lecture et paysages.
Le lendemain samedi nous avons  visité la chapelle du nouveau Centre Orthodoxe russe qui a fait bouger avec ses coupoles argentées a deux pas de la Tour Eiffel.En réalité il y a une partie de bâtiments très moderne et ces coupoles ne jurent pas, au contraire. La chapelle est de petite dimension mais belle avec des icônes et un lustre superbe. Puis nous avons visité  le musée Jacques Chirac du Quai Branly. C'est magnifique à la fois sur le plan architecture , des jardins très beaux en ce début de printemps et de la mise en scène de ce musée Il y a là des objets de diverses origines qui sont de véritables œuvres d'art et qui montrent que l'ingéniosité, la créativité, l'imagination des hommes est foisonnante et diverses.Je ferai une entrée sur mon blog avec des photos mais je peux d'ors et déjà dire aussi que cette visite m'a confirmé dans l'idée que les religions, toutes les religions sont bien des créations humaines et rien qu'humaines. Beaucoup d'objet, de masques évoquent des croyances religieuses c'est à dire l'invention par ces hommes de récit pour tenter de comprendre le mystère de l'homme et de la mort.En quoi ces idées et ces comportements seraient ils moins vrais que ce que nous pensons?
Et si un prétendu Dieu a parlé comme voudrez nous le faire croire les religions du Livre, comment expliquer qu'il n'a parlé qu' à quelques uns et a laissé beaucoup d'autres avec leurs croyances?
Les photos montrent beaucoup d'objets liés a des rites funéraires et notamment de nombreux mats funéraires sculptés magnifiquement dans toute sorte de bois.

                                                                 






                                                                     

                                                                      

Dimanche nous avions réservé des entrées au Louvre à l’occasion de l'exposition Johanes Vermeer et je craignais ,un peu ,l'affluence car l'exposition a un très grand succès. En réalité ce musée magnifique est parfaitement organisé et l'on déambule assez facilement. L'exposition Vermeer est un peu décevante car elle est situé dans un endroit assez exigu et s'il y a , évidement des Vermeer ils sont en petit nombre entourés de tableaux d'autres peintres Hollandais qui ont peint des situations  semblables à celles peintes par Vermeer. On voit bien sûr les principaux tableaux de Vermeer: la laitière, la dentellière , l'astronome et le géographe.
Au sortir de cette exposition temporaire nous avons été visité l'emplacement des  sculptures françaises dans la magnifique cour Marly et autour. Il y a là des Houdon, Piaget, Puget comme le montre ces quelques photos.
Nous avons terminé notre visite par la partie consacrée aux Arts islamiques que je voulai visiter car elle est dans un endroit ou une architecture originale a été réalisée, évoquant les tentes bédouines. On trouve des belles poteries, des cuivres magnifiques ,des tapis , des menuiseries et des mosaïques.
Sur ce plan j'en ai vu de beaucoup plus belles et plus nombreuses au Musée du Bardo à Tunis.
Par contre j'ai vu le travail réalisé en son temps par les français sur les mosaïques qui ornaient les murs de la Grande mosquée de Damas. Une photo montre ce qu'il en est.

                                                         



Lundi matin nous avons pris le bus 75 au pied de notre immeuble et nous sommes descendus 5 stations plus loin à l'Hôtel de Ville. De là après avoir traversé la Seine nous avons rejoint la Rue Soufflot et le Pantheon. J'ai visité ce monument, ancienne Eglise devenu lieu d'hommage aux "grands hommes". C'est une visite très instructive et tous les élèves et étudiants devaient étudier ce monument et ce qu'il représente.  Toute l'histoire de France après la Révolution est là en commençant par les écrivains des Lumières :Voltaire et Rousseau qui ne s’aimaient pas et qui se font face a face. Il est émouvant  de retrouver les sépultures de Victor Hugo, de Jaurès, de Gambetta mais aussi plus proche de nous celle de Jean Moulin, d'André Malraux, de Pierre Brossolette , de Germaine Tillon et de Geneviève Anthonioz De Gaulle. Les tombeaux sont sobres et tous les même. Le seul parmi ces tombeaux qui est fleuri et couvert de petits messages sur des papiers, des tickets de métro, des cartes c'est celui de Marie Curie. Il y a dans une salle de la crypte un espace ou l'on peut voir des films plus ou moins anciens retraçant les différentes entrées au Panthéon et bien sûr j'ai songé au discours de Malraux lors de l'entrée au Panthéon de Jean Moulin : "Entre ici Jean Moulin avec les cendres ,de Victor Hugo et ses Misérables, celles de....." Admirable discours. J'ai pensé aussi au projet de faire entrer Albert Camus. Il y aurait toute sa place Il est seulement dommage que ce soit une idée de Sarkozy et je me demande si sa famille s'y serait opposé si l'idée était venue d'un autre.
Après cette visite et dans un soleil éblouissant après la crypte nous sommes allé déjeuner à  la Brasserie Balzar  une des plus ancienne de Paris.









Soirée à l’Opéra Bastille où nous allons voir un ballet Le Songe d'une nuit d'été sur une chorégraphie de Balanchine. C'est une histoire très compliquée de chassé croisé amoureux dont une sorte de diable tire les ficelles. Je n' y ai strictement rien compris et je n'ai pas cherché a comprendre. Je me suis contenté d'écouter la musique de Mendelssohn avec sa fameuse marche nuptiale, d'admirer les décors et les costumes haut en couleurs de Christian Lacroix et de voir les danseurs et danseuses évoluer gracieusement. Une belle soirée.

Et le 28 pour fêter mes 20 ans ! déjeuner au Ciel de Paris au 56° étage de la Tour Montparnasse. Une vue depuis notre table absolument époustouflante et un repas délicieux. Vivement l'année prochaine!



vendredi 24 mars 2017

Requiem pour les bêtes meurtries

Pour mon anniversaire ma soeur m'a offert deux beaux livres. Ceux de la poésie vécue d'Ernest Pignon-Ernest et André Velter paru chez Actes Sud dont je parlerai plus tard et Requiem pour les bêtes meurtries de Françoise Armengaud paru aux Editions Kime en 2015. C'est de ce dernier dont je voudrai parler après en avoir dit quelques mots dans une vidéo
Il s'agit d'un essai  comme le souligne le sous titre : essai sur la poésie animalière engagée" et il mêle le texte de l'auteur et des citations plus ou moins longue de poésies consacrées aux animaux mais surtout à leur souffrance au cours des temps. C'est donc un livre assez dur car cette évocation des brutalités infligés par l'homme aux animaux depuis les sacrifices  jusqu'aux abattoirs en passant par la chasse et la corrida ne laisse pas indifférent et montre combien les poètes grâce à leur imagination et à leur sensibilité ont su éprouver et nous faire éprouver de la compassion à l'égard de tous les animaux.
J'ai été touché par la phrase que l'auteur a mis en exergue:

"Je dédie ce recueil à tous les animaux
péris sous la botte de l'humaine brutalité
et dont on voudrait qu'il sachent un jour
que des poètes les ont aimés"
C'est un livre qu évoque ,je l'ai dit , toutes les sortes de souffrance depuis la destruction des forêts et donc de l'habitat de bien des bêtes.

Il y a bien sûr à ce titre le poème bien connu de Ronsard

"Ecoute,bûcheron, arrête un peu le bras,
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,
Ne vois tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des Nymphes qui vivaient dessous la rude écorce?"

La chasse ce loisir sanglant et sordide est évidement évoquée et déjà par Shakespeare

"Et en ce lieu gisait, blessé par un chasseur,
Un pauvre cerf enfui venu agoniser. Et vraiment mon Seigneur,
Le malheureux poussait de tels gémissements
Que sa robe de cuir se distendait à presque éclater
Et de grosses larmes rondes coulaient l'une après l'autre
En un flot pitoyable le long de son innocent museau."

Et le grand Victor Hugo, grand par la compassion qu'il a eu toute sa vie pour les êtres frappés par le malheur évoque,pour nous, la mort d'un pauvre cheval harassé et frappé parce qu’il n'a plus la force de tirer son chariot!

"Et le cheval tremblant, hagard, estropié
Baisse son cou lugubre et sa tête égarée;
On entend, sous les coups de la botte ferrée
Sonner le ventre nu du pauvre être muet!
Il râle; tout à l'heure encore il remuait
Mais il ne bouge plus, et sa force est finie;
Et les coups furieux pleuvent; son agonie
Tente un dernier effort; son pied fait un écart,
Il tombe, et le voilà brisé sous le brancard"

Et elle cite bien sûr le très beau poème de Victor Hugo :"Le crapaud" ou cet être très laid est martyrisé par des hommes,par des enfants et à la fin épargné par un âne qui se détourne pour ne pas l'écraser et Victor Hugo de conclure:

"trait d'union ineffable et suprême
Qui joint dans l'ombre,hélas, si lugubre souvent
Le grand ignorant,l'âne, à Dieu le grand savant."


L'auteur aurait pu citer aussi Francis Jammes et son amour des ânes et le poème de Paul Fort mis en chanson par Brassens : La mort du petit cheval!

De Francis Jammes elle cite le poème poignant de cette chienne qui vient de mettre bas et à qui on enlève ses petits pour les noyer

"Il les jettera à l'eau
et on entendra alors
La chienne qui n'a pas d'âme
pleurer comme une femme"

Et voilà le poète qui dans sa clairvoyance fait justice de la théorie imbécile de Descartes sur l'animal machine! Oui les animaux ont une âme si nous en avons une car il n'y a entre eux et nous pas de différence de nature mais simplement de degré

Il  y a aussi des poèmes sur l'abattage des bêtes ce grand problème à l'ordre du jour de nos sociétés

Au total un livre à lire et qui m'a conforté dans mon amour des bêtes. Et pour répondre a ceux qui disent "penser aux hommes d'abord" je .les renvoie à lire Marguerite Yourcenar qui a bien montré qu'être indifférent à la souffrance animale prédispose a être indifférent à la souffrance humaine.On pourra lire aussi cet article sur nos comportements à l'égard des animaux.

jeudi 2 mars 2017

Albert Camus militant communiste

Le livre de Christian Phéline et Agnès Spiquel-Courville: Camus  militant communiste: Alger 1935-1937 paru cette année aux éditions Gallimard s'attache a cette très courte période de la vie de Camus entre 1935 et 1937 ou il adhéra au Parti communiste algérien (PCA). C'est une étude intéressante quand on sait avec quel force et quel brio Albert Camus s'est ensuite attaqué au communisme dans son livre "L'Homme révolté" qui lui valut les attaques les plus odieuses de l'intelligentsia avec Sartre en gourou.
L'idée du livre est venu de la correspondance en 1976 entre Charles Poncelet et Amar Ouezegane qui fut un des responsables du PCA et qui souhaitait mettre au clair cette période en interrogeant les survivants.
Le livre est d'abord captivant en ce qu'il fait revivre une partie de cette jeunesse intellectuelle avec la Khâgne du Lycée Bugeaud et les amis d'Albert Camus autour du Théâtre voulu par le Parti et autour aussi, ce que l'n sait moins, du Collège du travail sorte d'universités populaires destinées,pour l'essentiel a aider les jeunes ouvriers européens et musulmans a acquérir des connaissances et ou Camus fit des cours.
Cette ouverture vers les musulmans est d'ailleurs une des clés de cette période car Camus n'adhéra au Parti que parce qu’il était le seul part politique à l'époque à s’intéresser aux idées nationalistes et il faut d'ailleurs chargé de recruter dans le milieu nationaliste algérien.
Cependant Camus, esprit libre s'accommodera toujours très mal de l'esprit de parti et il n'acceptera pas le véritable retournement du Parti sous l'influence de Moscou mettant de côté l'aide aux algériens nationalistes.
Quitta t il le parti, en fut il exclut, fit il tout pour en être exclu la question est encore un peu flou mais il est clair qu'il quitta cette courte période de sa vie qui lui avait permis de se faire une idée sur l'attitude "stalinienne" de ce parti.
En définitive on savait déjà cela mais le livre encore une fois à le mérite de faire revivre cette époque d'effervescence intellectuelle dans une jeunesse très minoritaire en Algérie.
Comme souvent et avec le recul on se dit, une nouvelle fois, que si l'on avait un peu plus écouté ces jeunes gens on aurait peut être pas connu cette fin cruelle de l'histoire.

jeudi 23 février 2017

La décision de François Bayrou

La décision de François Bayrou gardée secrète de manière efficace a fait l'effet d'une bombe dans le petit monde politique. Cette décision de faire alliance avec Macron je l'appelais de mes voeux dans un récent billet  et je pense que c'est pour François Bayrou mais aussi pour l’intérêt général la meilleure solution.
La droite est, évidement vent debout, contre cette position qu'elle qualifie de traîtrise.La droite réagit avec fureur car elle est touchée au coeur à la fois par ce que dit Bayrou sur sa complaisance à l'égard de l’honnêteté et parce qu’elle a toujours considérée que le centre n'était qu'un petit appendice de la droite . Il est vrai que beaucoup de centristes, abandonnant sans vergogne, toutes valeurs ont toujours soutenu la droite même dans ses positions les plus évidement contraire a leurs idées. Et bien François Bayrou montre, une nouvelle fois, que le centre, un centre qui se respecte ne soutient pas la droite dans tous les cas.
Enfin il apporte a Macron une aide précieuse et forte car , même s'il n'a pas de troupes il a la confiance des français et il a une voix qui porte.
J'ajoute qu'il pourra sans doute être d'une grande aide a Macron en lui évitant des prises de position trop marquée et donc mal comprises.
C'est donc tout bénéfice et les soutiens de Macron ne s'y sont pas trompés en manifestant leur joie lors de la prise de parole de Bayrou.
Il reste maintenant a afficher clairement le projet que je résume pour ma part de la manière suivante:
-liberté et aide aux entreprises pour leur permettre de créer de la richesse
-liberté sur le plan des mœurs
- redistribution pour ne pas laisser toute une partie de la population sur la route.
Voilà la philosophie qui me semble sous tendre le projet de Macron.Il leur faut maintenant aller dans le détail et rendre ces perceptives possibles.
En tous cas la vie politique française ne sera plus tout a fait la même et l'on ne peut que s'en réjouir.

lundi 20 février 2017

Kamel Daoud: Mes indépendances

Mes indépendances de Kamel Daoud sont un recueil de chroniques de l’auteur de 2010 a 2016 parues un peu partout car l’auteur est aujourd’hui, après son Meursault contre-enquête, très connu et apprécié et publié un peu partout dans le monde.
Comme tous les recueils de ce genre c’est un livre agréable que l’on peut lire en suivant les chroniques les unes après les autres ou en prenant une chronique ici et une chronique là, car chacune d’elles est un petit texte qui, comme le veut la loi du genre se suffit a elle-même.
Cependant il est clair que l’ensemble a une réelle unité et qu’il donne  a voir le monde aujourd’hui et surtout l’Algérie d’aujourd’hui et il nous donne une vision très triste mais , hélas, très vraie des pays dits musulmans, de l’Algérie qu’il connaît bien pour y vivre et de cette idéologie de notre siècle: l’islamisme politique aussi dangereuse et aussi grave que l’ont été le national socialisme, le fascisme et le communisme soviétique.
Il faut voir comment a travers la description du pouvoir en Algérie le pays est devenu triste, sans ambition réelle, rétif a la liberté et au bonheur, confiné de plus en plus dans une bigoterie qui se répand dans toute la société.
Sur le pouvoir on pourra lire «Schéma standard de la dictature arabe» (p.75) c’est écrit de manière drôle mais le fond est tragique,l «Le concept le plus triste depuis deux mille ans» (p.115) sur l’ inaptitude à la démocratie a laquelle ces pouvoirs ont réussi a persuader le peuple, et encore «Je veux que les révolutions soient un échec» (p.436) qui dit bien comment ces pays voient toute tentative d’aller vers la liberté!
Sur l’Algérie les nombreuses chroniques sont cruelles tant elles montrent l’évidence de l’échec du pouvoir depuis l’indépendance. Il y a d’abord le constat de ‘état du pays, de sa tristesse . On lira «Prenez le jour, rendez nous la nuit» qui montre l’enfermement de ce pays, le «guide de l’Algérie par un ambassadeur américain» (p.63) un pouvoir qui a si mal traité son peuple que  ce dernier ne s’aime pas comme cela est si bien dit dans «Névrose:Les Algériens n’aiment pas ressembler aux Algériens» (p.227);
Sur l’Algérie l’auteur donne aussi quelques clés en montrant comme se comporte le pouvoir pour s’accrocher ainsi dans «La stratégie du labyrinthe pour faire de l’Algérie un «cas complexe» (p.134) au point que pour comprendre l’Algérie actuelle une nouvelle science est née: «Du métier inépuisable de l’  «algérologue» (p.213.) L’auteur est cruel lorsque il pointe la véritable faute du pouvoir qui utilise les «martyrs « de la guerre pour sa petite politique et qui nous dit: «Malheureusement nous n’avons pas eu un Mandela en 1962» car on sent que l’auteur souhaiterait une Algérie regardant l’avenir, ouverte, avec une religion apaisée et ouverte et qui ferait de ses différences (langue-régions) une richesse au point d’acceuillir symboliquement les cendres de Camus (p. 246)
Il dit clairement aussi qu'il faut regarder l'avenir et cesser d'instrumentaliser la colonisation. Il le fait dans une chronique claire : "Peut on encore oser demander des excuses à la France." (p. 229 ) et il le redit aujourd'hui dans un entretien après les propos polémiques de Macron. On lira aussi cet autre entretien  et là encore
Enfin un très grand nombre de chroniques sont consacrées à l’islamisme et à ses ravages en Algérie mais aussi partout dans le monde. L’auteur analyse avec finesse l’emprise de cet islamisme sur les sociétés,  son pouvoir sur les peuples malgré la bêtise, la cruauté et l’absence de réelle perspectives de cette idéologie obscurantiste, son utilisation aussi ,hélas, par les pouvoir et notamment le pouvoir algérien.
Kamel Daoud est-il totalement et définitivement pessimiste? Il ne cache rien de la gravité du mal et de la difficulté d’en venir à bout mais on sent , chez lui, une lueur d’optimisme lorsque il évoque dans plusieurs chroniques la situation et les perspectives en Tunisie. Il va même publier un livre prochainement sur cette question, sur ce seul pays ou un petit espoir reste encore vivant et que les tunisiens ,je l’ espère sauront préserver. Il y a aussi en fin de volume des billets consacrés à la cause palestinienne et Kamel Daoud n'est pas tendre contre l'instrumentalisation qui est faite de cette cause par le monde arabe qui parle beaucoup, qui vitupère mais ne fait rien de sérieux et qui occulte les dérives de certains partis palestiniens sous prétexte qu'il ne faut pas toucher a cette cause et il décrit cela comme une forme d'intégrisme.  Il faut en tous cas ,ici et ailleurs ,lire ces chroniques elles font réfléchir et n’est-ce pas, finalement, l’objectif d’un tel exercice?

Justice?

En déambulant , comme je le fais souvent dans les rayons de ma librairie habituelle j'ai parcouru le dernier opus de Maître Dupond-Moretti sur son métier et sur la Justice et qui s'intitule "Direct du droit". Je suis tombé, par hasard sur cette histoire invraisemblable qui aurait pu être inventée par un romancier (et on aurait probablement dit qu'il avait beaucoup d'imagination°)
Da,ns une affaire d'assassinat relevant des Assises la Justice a cru pouvoir utilisé le comportement du chien Théo pour tenter d'obtenir des preuves qui, par ailleurs, manquaient cruellement. Elle a donc ordonné une expertise pour analyser le comportement de ce chien et dire s'il apportait des éléments de preuve! Vous croyez rêver? Et non c'est la réalité et il s'est trouvé un juge d'instruction et un expert pour se prêter a cette facétie!
Evidemment cela n'a strictement rien donner mais on lit  en riant et en s'étonnant les  analyses de l'expert  et ce qui a été demandé au chien!
Tout cela est absolument ridicule mais fait également froid dans le dos car se dire que l'on peut être amené a être jugé par un juge et soumis a un expert aussi peu raisonnable fait craindre évidement le pire.Je ne regarde plus mon brave Randy de la même manière maintenant que je sais que je peux être a sa merci judiciaire! A moins qu'il ne soit capable par amour de faire un faux témoignage!Cette histoire montre une fois de plus que le ridicule ne tue pas et quelques fois on a envie d'ajouter,hélas.

jeudi 16 février 2017

La colonisation de l'Algérie

Voilà que le problème de la colonisation en Algérie revient dans le débat après les déclarations de Macron à Alger sur la colonisation crime contre l'humanité qui soulève beaucoup de réactions. Originaire d'Algérie, arrière petit fils de colon suisses installés à Setif dans le wagon de la Compagnie Genevoise des colonies Suisses de Sétif je ne peux être indifférent à cette question.
Je dirai d'abord avant d'aborder clairement la question que c'est un problème qui est , hélas, instrumentalisé et par l'Algérie et par les politiques français et que je suis absolument opposé à cette instrumentalisation qui me paraît choquante et qui dénote la faiblesse de ces politiques.
 L'Algérie dont le moins que l'on puisse dire est que son pouvoir depuis l'indépendance n'est ni un modèle démocratique ni un modèle d'efficacité (il suffit de voir l’état de la médecine, de l'éducation , de l’administration et de la banque pour s'en convaincre) utilise la demande de repentance dès qu'il est confronté a des problèmes intérieurs. Ce pays vit dans le culte des martyrs ( a qui l'on doit certes le respect) pour éviter d'ouvrir le pays, de se démocratiser et d'offrir a son peuple des perspectives autres que le chômage des jeunes! J'ai envie de dire a ce pays que j'aime mais regardez donc l'avenir, préparez un avenir meilleur et plus juste au lieu de vous complaire dans le passé que beaucoup de vos jeunes n'ont pas connu!
Quant aux politiques français ils ne sont guère meilleurs et instrumentalisent cette question pour recueillir qui les nostalgiques de l'Algérie française qui n'ont jamais rien compris aux évolutions du monde, qui les jeunes de banlieue à qui ils espèrent plaire en tapant sur la colonisation ce qui , au passage est plus simple que de leur donner une bonne éducation et un emploi.
Ceci explique que je suis absolument contre ces instrumentalisations diverses qui n'apportent rien que la haine et que ce problème du passé doit être laissé aux historiens qui ont déjà fait un très gros travail.
Maintenant qu'il soit clair que cette position n'est pas un moyen commode pour moi d'échapper au jugement.
Mais ce jugement; comme tout jugement d'une action humaine doit être nuancé.
Je dirai d'abord qu'il convient de distinguer nettement les responsabilités de l'Etat et celles des habitants de l'Algérie coloniale.
L'Etat a une responsabilité majeure et a commis non seulement des erreurs de jugement répétées mais des crimes tout au long de la période coloniale. Dans la conquête d'abord avec ses excès bien connus des historiens,, pendant la guerre d'indépendance avec le honte de la torture. L'Etat est aussi coupable d'avoir violé en colonisant et tout au long de la colonisation les valeurs même du pays et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.Je n'entre pas dans les détails.IL sont connus et accablants.Et il est regretable que la France n'ai pas pu reconnaître tranquillement, comme l'ont fait d'autres pays, ces crimes.
Face a ces manquements graves l'Etat ne peut arguer des apports positifs car quand on viole les droits d'un peuple et cela a été le cas il n ' y a pas d'apport positif.
Par contre si l'Etat est indiscutablement coupable aux yeux de l'histoire les habitants européens ont, à part un certain nombre d'exceptions, étaient plutôt les victimes du système et je ne pense pas que l'on puisse dire que la mère d'Albert Camus, illettrée, femme de ménage pauvre a été responsable en quoique ce soit  et des Veuve Camus il y en avait beaucoup en Algérie. Je ne crois pas que les instituteurs et bien d’autres métiers qui faisaient de leur mieux pour aider sont responsables de quoique ce soit.
Tous ces gens sont morts ou mourront bientôt et je ne crois donc pas qu'il soit utile de raviver en eux le malheur qu'a été le départ de ce pays qu'ils ont aimé même s'ils étaient dans un système condamnable.
Voilà pourquoi je le redis: laissons les historiens débattre et rechercher, laissons les anciens face à leur destin et regardons vers l'avenir en essayant d'améliorer et en France et en Algérie cet avenir. Cela sera plus efficace et, sans doute, plus mobilisateur de la jeunesse notamment. On pourra lire cet excellent article qui, dans le fond dit encore mieux que moi ce je pense et que j'ai exposé brièvement.

mercredi 25 janvier 2017

Fillon donneur de leçon!

J'avoue qu'il m'avait plu lorsqu'il avait lancé du haut d'une tribune : "Qui pourrait imaginer le Général de Gaule mis en examen!" On voyait bien qui il visait et il avait fait mouche. Hélas ce donneur de leçon aurait mieux fait de se taire. Le voilà pris dans une affaire pas très reluisante d'emploi fictif ou , en tous cas, abusif et cela la fout mal lorsque on donne des leçons de pureté!
Que sa femme qui a, toujours déclaré, urbi et orbi qu'elle ne s'occupait pas de la vie politique de son mari ait émargé pendant des mois et des mois au budget de l'Assemblée Nationale pour une activité  dont on voit bien qu'elle est bien en peine de démontrer la réalité et la constance (ce qui serait la moindre des choses pour les montants qu'elle a reçu) est tout simplement choquant.
Certes on vous dira que c'est légal , ce qui est tout de même problématique, car  je pense que ce genre d'arrangement ne peut qu'éloigner le peuple de la politique et des politiciens. Le népotisme c'était bon pour les Papes et en d'autres temps et il faudrait mettre un terme a ces dérives!
Maintenant  en jouant les outragés et en criant à la misogynie Fillon ne répond pas  au réel problème et on sait que le mépris (rappelez vous Giscard et ses diamants) n' a jamais éteint une polémique.
En tous cas j'en connais un qui ne doit pas être mécontent!
Certains s'en amuseront (voir le dessin) voir encore ceci et encore ceci qui est jubilatoire, d'autres essaieront de voir s'il n ' y a pas matière à poursuite pénale mais tout cela est secondaire l'essentiel est que l'image de Fillon a en pris un sacré coup et que c'est pour un moment.
Pour être complet on sent une bien grande difficulté du côté de ceux qui voudraient aider Fillon et le Parquet National vient d'ouvrir une enquête. Les équipiers de Fillon peinent à le défendre .Ils utilisent les arguments éculés qui n'ont strictement rien a voir avec le problème : "ça vient du camp d'en face, c'est la période électorale. A quoi on peut leur répondre qu'est-ce que cela a a voir avec le fond? D'autres sont encore plus ridicules quand ils essaient de minimiser. Et celui qui a pour toute réponses qu'il a vu madame Fillon dans les couloirs de l'Assemblée!! Il n' d'ailleurs pas l'air très à l'aise Lamentable.Certains n'hésitent pas à dire vraiment n'importe quoi. Et l'on comprend mieux ,maintenant, pourquoi Fillon était vent debout contre la loi obligeant a déclarer le nom de ses collaborateurs! Avec Fillon quand vous votez pour lui vous avez la petite entreprise familiale. Quant a Fillon sa défense me paraît assez faible: "Je défends ma femme! mais sa femme est moins attaqué que lui. C'est sa pratique a lui qui est condamnable. "J'aime ma femme "ajoute  t il! Mais personne n'en doute et ce n'est pas le problème. Pour le reste des mots dont chacun peut penser ce qu'il veut mais ce sont des preuves plus objectives que ces mots que l'on attend.Et ce titre savoureux du Canard Enchaîné sous forme de déclaration de Fillon aux enquêteurs: "Mais je vous assure que Pénélope n'a rien fait"!  Quant a en rajouter avec ses enfants "avocats qui ne le sont pas, je ne sais ce que cela signifie! Les avocats de Fillon dans une conférence de presse ont soulevé des questions intéressantes sur l'application des textes et sur la compétence du Parquet National. Ces questions sont controversées et feront le bonheur de générations d'étudiants mais elles ne sont pas aussi simples qu'ont bien voulu nous le dire ces avocats. Par la suite Fillon qui avait indiqué qu'il se retirerait si il était mis en examen est revenu sur cette promesse montrant ainsi une évolution pas très digne. Il a , par ailleurs avec ses soutiens attaqué les journalistes et les juges ce qui pose tout de même problème pour quelqu'un qui aspire a devenir Président et garant des Institutions c'est à dire de la Justice et de la liberté de la presse. A suivre donc.